Démolition d’un mur porteur : intervenants, étapes et précautions à prendre

Contrairement aux idées reçues, casser un mur porteur n’est plus un projet insurmontable. À condition de respecter une méthodologie précise et de s’entourer des bons intervenants, cette transformation permet de gagner en volume, en luminosité et d’optimiser la circulation dans un logement.

Un projet familial pour décloisonner les espaces

Dans cette maison familiale, le salon et la cuisine étaient en partie séparés par un mur porteur qui entravait la circulation. Entre les deux pièces, un poteau concentrait les équipements techniques : interrupteurs et radiateurs. L’objectif était clair : supprimer ce poteau pour créer un passage fluide entre les deux pièces et apporter davantage de lumière naturelle au salon.

La largeur du mur, 50 cm, imposait une solution technique spécifique : la pose de deux IPN côte à côte. Le passage a également été rehaussé de 20 cm en hauteur totale. Ce gain peut sembler modeste en centimètres, mais l’impact visuel a été immédiat. Les volumes paraissent maintenant plus vastes et l’ensemble gagne en légèreté.

Le bureau d'études, indispensable pour ce type de projet

Le rôle du bureau d’études : déterminer tous les éléments techniques. Le dimensionnement de l’IPN se calcule en fonction du poids à supporter et des matériaux présents dans la structure. À noter : le bureau d’études se concentre exclusivement sur la partie structurelle, il ne suit pas les aspects électriques ou les finitions du chantier.

Pour ce projet, le bureau d’études Axiolis a réalisé les sondages et établi les plans d’exécution, c’est-à-dire les plans techniques détaillant la mise en œuvre. Nous avons fourni les plans des étages pour permettre à Axiolis d’effectuer ses calculs. Cette phase préparatoire a duré un mois.

Beaucoup de propriétaires font l’erreur de ne solliciter qu’un maçon pour ce type de travaux. Casser un mur porteur exige l’intervention d’un bureau d’études, qui dimensionne les éléments structurels et vérifie que ses préconisations sont respectées pendant le chantier.

Les étapes du chantier

L’équipe qui est intervenue sur le chantier comprenait un maçon plaquiste, un électricien, un carreleur et un peintre.

Le maçon a commencé par étayer le mur pour sécuriser l’ensemble. Il a ensuite cassé un côté du mur et fixé le premier IPN. Une fois celui-ci en place, il a procédé à la démolition du second côté et installé le deuxième IPN. Cette méthode progressive garantit la stabilité de l’ouvrage à chaque étape.

À gauche du poteau déposé, une tranchée a été réalisée pour reprendre l’électricité. Les interrupteurs et le radiateur présents sur le poteau ont dû être déplacés. Au sol, des carreaux ont été cassés pour permettre le passage des câbles.

Le carrelage sous le poteau était inexistant. Nous avons pu retrouver le même grès cérame que celui présent dans la pièce, ce qui nous a permis d’assurer une continuité esthétique parfaite.
Les IPN en acier ont été dissimulés par un coffrage en placo BA13, car les propriétaires ne souhaitaient pas laisser la structure métallique apparente.

Les peintures de la pièce de vie, vieillissantes, ont été entièrement reprises. Les propriétaires ont opté pour du blanc sur tous les murs, une décision réfléchie : un papier peint avec un dégradé de couleurs habille déjà le mur derrière le canapé. Une couleur supplémentaire aurait créé une surcharge visuelle. Le blanc met en valeur les tableaux qui décorent les murs.
Cette phase de finition a nécessité une couche d’enduit (uniquement aux endroits nécessaires) et 3 couches de peinture, soit 5 jours de travail.

Deux solutions techniques possibles

Pour ce type d’intervention, deux options existent : la pose d’un IPN ou la réalisation d’une poutre en béton coulé. Les propriétaires ont écarté la seconde solution, car la maison restait habitée pendant les travaux. La réalisation d’une poutre en béton aurait allongé significativement le chantier. Ici, la pose d’un IPN a permis de limiter la durée totale des travaux à 4 semaines, peinture comprise.

Un résultat qui transforme le quotidien

La suppression du mur porteur a considérablement facilité la circulation entre les deux espaces. Le salon bénéficie désormais d’un apport de lumière naturelle venant de la cuisine. La sensation de volume a été démultipliée, bien au-delà des 1m2 gagnés au sol.

Casser un mur porteur n’est plus aujourd’hui un projet soumis à des contraintes techniques insurmontables. Il suffit d’un budget adapté, d’un bureau d’études et d’artisans compétents.

L’Atelier AG est spécialisé en architecture d’intérieur et rénovation. Conseil, création de plans ou mission complète : bénéficiez d’une prestation sur mesure.